Discrimination sur le parcours - Meilleure équipe - Antoine Klein

Discrimination sur le parcours – Meilleure équipe

Publié il y a 12 mois

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dans Mixité et esport
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Temps de lecture : 3 minutes

Table des matières

Traitement différent de la part des managers et des coachs

Il semblerait que dans certaines équipes mixtes, le personnel formateur se comporte différemment en fonction du genre des joueurs. Je n’ai pu trouver des sources convaincantes dans le domaine de l’esport, mais le sport traditionnel affronte également ces problématiques. 

L’organisme Womens Sport Fondation a réalisé une enquête aux États-Unis concernant le coaching et le genre. Cette enquête a été réalisée auprès 1129 sportives de moins de 13 ans et sur 1129 parents de sportives[1]. Le rapport s’appuie également sur des interviews de nombreux experts. Leur rapport met en lumière que même si ces jeunes sportives qualifient la compétition et fait de gagner comme amusant, le coaching avait tendance à ne pas insister sur ces points[2]. L’accent n’étant pas mis sur la victoire, mais plutôt sur les aspects amusants du sport et les erreurs n’étant pas pointées du doigt. Les garçons apprendraient eux l’importance de gagner à tout prix. Il est expliqué que cela remonte à la manière genrée de définir la compétitivité, qui serait masculinisée.

Le rapport préconise trois aspects à améliorer pour favoriser la participation féminine :

  • Mettre en place des espaces sûrs pour les sportives

  • Augmenter le nombre de coachs féminins. Ils agiraient en tant que rôle modèle et renforceraient l’idée que les femmes ont leur place dans le sport et que le rôle est important.

  • Se battre contre les normes et stéréotypes de genre.

Un parallèle entre le sport traditionnel et l’esport peut être fait. Ce seraient les stéréotypes de genre, qui sont les mêmes dans le milieu des jeux vidéo qui influencent les coachs et qui modifient la manière d’enseigner.

 

Problème de légitimité des femmes à ce niveau

Cette discrimination a déjà été soulignée, mais plus le niveau est haut, plus la légitimité des femmes est remise en question. Au fil des interviews et des discussions, beaucoup m’ont reporté des remarques qui sont faites aux joueuses. Voici les formes les plus courantes que ces doutes peuvent prendre :

  • Le fait d’avoir été « boostée ». C’est-à-dire jouer avec des personnes d’un plus haut niveau afin de pouvoir monter dans les classements. En effet, les jeux compétitifs sont prévus pour que des personnes de niveaux équivalents s’affrontent et que les gagnants remportent des points. Une autre forme de « boosting » est de prêter son compte à une connaissance plus douée pour qu’il enchaîne les victoires et place le compte à un plus haut niveau.

  • Le fait de jouer sur un compte qui ne lui appartient pas, en général celui du petit-ami.

  • Le fait de simplement tricher avec des logiciels qui améliore la visée par exemple.

Il ne m’est pas possible d’évoquer ce frein sans aborder un des exemples qui a fait couler le plus d’encre : il s’agit de l’affaire Geguri. À l’époque des faits, en 2016, elle avait 17 ans et montrait un niveau de jeu exceptionnel sur Overwatch. Elle a mis en déroute des équipes réputées lors d’un tournoi en Corée[3] et certains ont soulevé des doutes sur le fait qu’elle trichait. Ces accusations sont allées très loin : deux joueurs ont parié leurs carrières entières sur le fait qu’elle trichait. Un joueur de son équipe a également annoncé que si cette triche « posait un problème au niveau des sponsors, il irait visiter la maison de Geguri avec un couteau à la main », en précisant qu’il ne plaisantait pas.

L’éditeur du jeu, Blizzard et un site d’information d’esport, lui on permit de se dégager de ces accusations en prouvant son niveau de jeu. Elle a été dans un studio, en direct avec une caméra montrant ses mouvements de mains pour prouver qu’elle n’abusait pas de logiciels de triche[4]. La diffusion s’est terminée sur une interview. Elle était au bord des larmes tandis qu’elle expliquait le stress engendré par le fait d’être en compétition alors que tant doutaient de sa légitimité[5]. Les joueurs l’ayant accusé et menacés se sont retirés de la scène.

Elle est aujourd’hui professionnelle et la seule femme dans l’Overwatch League, la ligue officielle du jeu[6].

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Sources

 

[1] WOMENS SPORTS FOUNDATION. Coaching through a Gender Lens: Maximizing Girls’ Play and Potential [en ligne]. [S. l.] : [s. n.], 2 avril 2019. [Consulté le 19 mai 2020]. p.16 Disponible à l’adresse : https://www.womenssportsfoundation.org/wp-content/uploads/2019/04/coaching-through-a-gender-lens-report-web.pdf.

[2] Ibidem, p.58

[3] INSIDE GAMING. Overwatch Teen Makes Pros QUIT in Shame – The Know – YouTube [en ligne]. 22 juin 2016. [Consulté le 19 juin 2020]. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=GpY_rKw5lNo.

[4] 인벤방송국IBS. [오버워치] UW Artisan 게구리 개인화면 플레이(overwatch) [en ligne]. 20 juin 2016. [Consulté le 24 mai 2020]. Disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=IaXsmG4g3Xk.

[5] LINGLE, Samuel. Talented young Overwatch player accused of cheating, Blizzard says « nope ». Dans : Dot Esports [en ligne]. 21 juin 2016. [Consulté le 24 mai 2020]. Disponible à l’adresse : https://dotesports.com/overwatch/news/overwatch-geguri-cheat-accusations-3475.

[6] BLIZZARD ENTERTAINEMENT. L’Overwatch League – Player Lists. Dans : Overwatch League [en ligne]. 2020. [Consulté le 24 mai 2020]. Disponible à l’adresse : https://overwatchleague.com/fr-fr/players.

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